Décryptage
On craignait le pire… On n’avait pas raison. Hier soir sur TF1, face à un panel de Français en difficulté – dont l’un au moins n’avait pas la langue dans sa poche –, Nicolas Sarkozy s’est prêté à un exercice d’auto-justification dont on a bien vu les limites et les ficelles. Et si, au bout du compte, ce dispositif illustrait la faillite du journalisme politique à la française ?
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Regardée par près de neuf millions de téléspectateurs (33% de part d'audience), Paroles de Français était sans doute une émission imparfaite, qui affiche d'emblée ses limites (dérive compassionnelle, faiblesse sur certains dossiers de fond), mais qu'on préfère cent fois à la parodie d'interview que nous avaient servie David Pujadas et la même Laurence Ferrari en septembre dernier à New York. Il n'y a qu'a observer la seule prestation de l'ouvrier Pierre Le Ménahès (l'un des onze « contradicteurs »)... Visage sévère (connivence impossible), questions précises et pragmatiques (quid des délocalisations dans l'automobile ?), refus de la langue de bois (« elle est facile, celle-là ! », quand Sarkozy compare le salaire de Proglio avec celui des footballeurs). Aujourd'hui, quel journaliste peut dire au président de la République : « Elle est facile, celle-là ! », pour balayer un argument fumeux ? Qui ?
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