Attaqué pour ses propos et ses écrits, Mitterrand fait front
Frédéric Mitterrand a répondu mercredi aux attaques du Parti socialiste et du Front national lui reprochant ses anciens écrits sur son penchant sexuel pour les jeunes garçons et son soutien au cinéaste Roman Polanski.
Les détracteurs du ministre de la Culture font référence à "La mauvaise vie", journal intime sorti en 2005 où il évoque ses expériences de tourisme sexuel avec des "gosses".
A la sortie du conseil des ministres, Frédéric Mitterrand a contre-attaqué.
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"Se faire traîner dans la boue par le Front national est un honneur", a-t-il dit dans la cour de l'Elysée.
Mais les attaques sont aussi venues du Parti socialiste.
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"En tant que ministre de la Culture, il s'illustre en prenant la défense d'un cinéaste accusé de viol sur mineure et il écrit un livre où il dit avoir profité du tourisme sexuel, je trouve ça a minima choquant", a déclaré à Reuters le porte-parole du PS, Benoît Hamon.
Pour le député socialiste Patrick Bloche, le problème vient du fait que les propos de Frédéric Mitterrand sur Roman Polanski ont "immanquablement rappelé à certains ce qu'il a écrit".
"Je fais la part entre le romancier d'hier et le ministre d'aujourd'hui, même si je répète que ce qu'il a écrit dans son livre m'est totalement insupportable et est pour moi sur un plan moral et peut-être même politique tout à fait inacceptable", a-t-il dit à la presse dans les couloirs de l'Assemblée.
A la sortie d'une audition devant la Commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale, Frédéric Mitterrand, qui est devenu ministre en juin, a répliqué à ces dernières attaques, jugeant "bien dommage de pouvoir imaginer que des élus de gauche aillent rejoindre le Front national".
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"Les bras m'en tombent", a-t-il dit à la presse. "Si le Front national me traîne dans la boue, c'est un honneur. Si un élu de gauche me traîne dans la boue, c'est une honte pour lui".
Le ministre s'est expliqué devant les élus sur ses propos tenus peu après l'arrestation de Roman Polanski en Suisse pour une affaire de moeurs datant des années 1970 aux Etats-Unis.
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"Il y a eu peut-être trop d'émotion de ma part. J'avais eu la femme de Roman Polanski une heure avant au téléphone et j'étais un peu impressionné, ému par son sort", a-t-il raconté.
"Aucun artiste n'est au-dessus des lois mais aucun artiste n'est au-dessous des lois et le fait d'être un très grand artiste de notoriété internationale, d'une capacité de réaction absolument admirable, entraîne aussi pour Roman Polanski une appréciation extrêmement vive de son statut et un danger de lynchage médiatique", a ajouté le ministre.
A la différence du Front national, les socialistes n'ont pas demandé la démission du ministre.
Le premier secrétaire du PS, Martine Aubry, s'est montrée prudente, précisant qu'elle n'avait pas lu le livre incriminé.
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"Je ne m'imagine pas un seul instant que Frédéric Mitterrand ait pu faire l'apologie du tourisme sexuel, je vais regarder ce qu'il en est", a-t-elle dit lors d'une conférence de presse. "Je ne peux pas imaginer que celui qui est devenu notre ministre de la Culture ait fait cela."
Source intégrale :
Le Monde.fr